La crise stimule l’inventivité des fabricants. Au rang de vedette absolue, l’électricité occupe une place prépondérante…
Bien sûr, les travailleurs concernés par la dramatique crise vécue ces derniers mois n’apprécieront que modérément le titre de cet article. Et pourtant ! Si nous osons pareille provocation c’est pour mieux souligner l’incroyable mutation à laquelle nous assistons aujourd’hui avec, comme singulière illustration, le salon de Francfort. Bien sûr, l’auto électrique n’est pas neuve et les hybrides font depuis longtemps la une des journaux spécialisés, salons après salons. Seulement voilà, jamais nous n’avons vécu pareil déferlement de nouveautés dans ce domaine. Les plus pessimistes rétorqueront que « rien n’est fait » et qu’il faudra encore attendre de longs mois avant de « tâter » de l’auto gavée à l’électron. C’est vrai, mais cette fois, ça y est, le mouvement est lancé et plus aucune marque, plus aucun groupe, ne nie cette évidence. Il faudra attendre 2011 au mieux, sans doute 2012, avant de voir débouler ces véhicules chez nous et encore, seront-ce des collectivités qui géreront les premiers exemplaires.
Mais le particulier devrait en profiter assez rapidement avec des formules de leasing (location long-terme) autant dédiées à la voiture qu’à ses batteries. Les batteries, justement, ce sont elles qui feront toute la différence. Le lithium-ion se généralise et on pourra, grâce à cela, recharger sa voiture à la maison sur une simple prise. Ce type d’accumulateurs autorise une autonomie dépassant les 150 kilomètres : parfait en usage urbain. Certes, le moteur thermique (et l’hybride, évidemment) a encore un avenir car l’électrique ne représentera – au début – que quelques pour cent de la production totale. Pourtant, la voie semble toute tracée.
Petites et électriques
Bien sûr, un salon à Francfort sans quelques “grooosses” berlines n’en serait pas vraiment un. Et si les Allemands jouent de la petite citadine (comme la VW E-Up !) ou du coupé sportif (Audi e-Tron ; 200 km/h et 250 km d’autonomie) entièrement électrique, les mastodontes sont encore bien présents. Ainsi la superbe Audi R8 Spyder (V10 essence, 525 ch) ou l’hybride chez BMW pour les séries 7 et X6. Reconnaissons que ces mêmes marques affichent aussi des véhicules urbains moins polluants, une fois encore, grâce à l’électricité. Chez Mercedes aussi on croit dans ces modernes technologies et même à la pile à combustible (hydrogène) dont la Classe B profitera dès l’an prochain. Attention, cet engin hors de prix ne sera qu’une expérimentation à grande échelle (Californie et Allemagne notamment) puisque seuls 200 exemplaires seront mis à disposition d’un public ciblé via un leasing. Le but étant de finaliser ces travaux pour produire (sans doute pas avant 2020) des véhicules de série qui ne rejetteront plus un seul gramme de CO2 !
Nous parlions des constructeurs allemands très actifs à Francfort mais les Français n’ont pas lésiné eux non plus ! Ainsi, Renault qui ne présente pas moins de quatre modèles différents dont les plus aboutis sont la berline Fluence et le Kangoo, tous deux badgés “ZE concept”. Renault promet un premier modèle électrique dès 2011 tout comme Peugeot qui sortira I-On, le clone de la Mitsubishi I-Miev (sortie chez nous fin 2010, en principe). Mais pour tout dire, la “chose” qui nous aura le plus étonnés chez la marque au lion, c’est ce prototype de microvoiture (électrique évidemment) à quatre places dénommée BB1. Tout aussi étonnante, chez Citroën, une sorte de 2 CV ressuscitée même si rien ne sera comparable entre ces deux produits que tout oppose, sauf peut-être les portes antagonistes qui fleurent bon les origines de la marque.
Enfin, pour conclure ce trop bref tour d’horizon retournons les roues sur terre avec une évolution de la seule véritable voiture hybride “populaire” vendue à ce jour : la Toyota Prius. La nouvelle vient à peine de sortir que, déjà, pointe cette évolution dotée de ces nouvelles batteries au lithium-ion. Avantages : outre l’autonomie accrue sur le seul mode électrique, l’auto pourra être rechargée sur une simple prise de courant. Dans un premier temps (2010) plusieurs centaines d’exemplaires seront livrés à des clients sélectionnés avant que Toyota ne la lance définitivement courant 2011, histoire de valider la fiabilité des batteries. Et c’est bien cela le seul “hic” de l’histoire c’est que l’auto électrique – aussi médiatisée soit-elle – n’existera vraiment qu’une fois accessible au plus grand nombre. Pour cela, et même si le train (sic) est en marche… Il faudra encore s’armer de patience !










