C’est par hasard que j’ai découvert très récemment que l’histoire de la première Skoda Octavia, lancée il y a tout juste cinquante ans, serait étroitement liée à la Belgique.
La première version de la Skoda 440 a été vendue à partir de 1955 sous le nom de Spartak, ce qui ne sonnait pas très agréablement aux oreilles des occidentaux et avait au contraire une résonance très militaire. La Skoda Spartak était une voiture moyenne intermédiaire. Elle avait une carrosserie à deux portes et son était moteur placé à l’avant tandis que la transmission était assurée par les roues arrière. Elle exista aussi sous une très belle forme de cabriolet qui était équipé d’un moteur un peu plus puissant : 50 chevaux contre 40 pour la base !
En janvier 1959, l’usine Skoda décide de moderniser sérieusement la gamme de ses modèles. En plus d’une légère augmentation de la puissance des moteurs, d’un nouveau dessin de la carrosserie et d’un aménagement revu pour l’habitacle, la principale évolution technique est la présence d’un nouveau train avant fixé sur des ressorts hélicoïdaux et des amortisseurs télescopiques. Ces modifications améliorent sensiblement le comportement et l’agrément de la voiture.Les Tchèques veulent marquer le coup et, poussés par leurs importateurs, décident d’adopter des noms plus latins pour leurs voitures.
En Belgique, l’importation des Skoda est assurée à l’époque par Maurice De Wolf qui se réjouit de cette décision. Encore faut-il trouver un nom qui sonne bien et qui est disponible. Rapidement, le nom de Félicia est adopté à l’unanimité pour le plus sportif des deux modèles et Maurice De Wolf aurait alors proposé le prénom de sa mère, Octavia, pour l’évolution de la 440. Le nom fut retenu à son tour pour cette voiture qui sera produite en de multiples versions jusqu’en 1971 à plus de trois cent soixante mille exemplaires. C’est en tout cas ce que l’on peut lire sur le site Internet consacré au Pajottenland et à tout ce qui entoure cette très belle région.
En 1996, lorsque la marque Skoda, passée sous le giron du groupe Volkswagen quelques années plus tôt, decide de relancer une berline de gamme moyenne sur une base de Volkswagen Golf, c’est le nom d’Octavia qui a été récupéré dans l’histoire de la marque et qui est toujours d’actualité pour l’actuelle génération. En treize ans, la production de cette deuxième série d’Octavia a largement dépassé le cap des deux millions d’unités et le prénom de la maman de Maurice De Wolf a donc été appliqué sur plus de deux millions et demi d’unités…
Pour la petite histoire, la mère de Maurice De Wolf était née Octavia Orinx, un nom de famille très répandu dans le Pajottenland. La famille Orinx appartient à une vieille lignée de meuniers, active depuis le milieu du dix-septième jusqu’au milieu du vingtième siècle dans l’exploitation de moulins à grains. Assez curieusement, dans l’historique de ses modèles, Skoda ne retient pas cette histoire belge pour expliquer officiellement le nom d’Octavia. La marque tchèque prétend qu’Octavia représente le huitième modèle construit par elle depuis la deuxième guerre mondiale. Personnellement, je trouve que la version belge est plus poétique, d’autant plus que je ne compte pas huit nouveaux modèles Skoda entre 1946 et 1959…









