La voiture électrique, ce sera pour Paris, à l’automne
Une berline malaisienne néocontemporaine et carrossée en kevlar, une Lamborghini allégée, un cabriolet Bentley, une Bugatti, des chevaux moteur jetés en pâture à des VIP qui ne demandent que cela : Genève ne faillit pas à sa réputation de Salon de luxe. Loin des spots, des décibels et des hôtesses censées appâter le chaland, le palais « vert » aux allures tristounettes aura du mal à attirer une partie des 700.000 visiteurs attendus. Et les organisateurs de « l’Autre Salon », des associations genevoises opposées à cette grand-messe de l’automobile, doivent se résoudre à jouer sur le registre de l’humour à travers un slogan sans ambiguïté : « bouge ton c… »
Le vrai lancement de la petite voiture électrique qui sera d’abord commercialisée en leasing – « sous les 500 euros par mois », annoncent Peugeot et Citroën –, ce sera à l’automne au « Mondial de Paris » et à l’instigation des marques françaises. Dans l’immédiat, l’auto traditionnelle dévoile encore de beaux atouts, à l’image des Alfa Giulietta et Audi A1.
La première, attendue en mai, est aussi belle en réalité que sur les premières photos et sera disponible avec deux moteurs à essence et un diesel ; la seconde, produite, faut-il le rappeler, à Bruxelles, a les allures d’une vraie Audi dans le gabarit d’une citadine. Reprenant le concept de la Mini mais en version « high-tech », elle sera largement personnalisable autour de quatre moteurs : 1.2 et 1.4 TSI de 86 et 122 ch., 1.6 TDI de 90 et105 ch. Toujours dans le registre des citadines, Nissan lance la nouvelle Micra sous des formes classiques mais jugées plus populaires par le constructeur et uniquement en version 3 cylindres essence. Un choix symbolique après le « tout diesel » popularisé par la majorité des marques. Autre évolution : Mini fait son entrée dans le créneau des petites familiales avec une Countryman de 4 mètres de long et offrant quatre vraies places et une option « 4 roues motrices ».
Tout aussi innovateur est l’esthétisme moins agressif voulu par Peugeot : « nous ne renions pas notre passé, estime Marc Bocqué, porte-parole de la marque mais nous voulons plus de cohérence avec l’environnement et la future technologie douce. » Adieu donc la bouche « gourmande » sur la « 5 by Peugeot » annonçant à la fois les futures berlines, à côté du bel exercice de style d’un proto SR1 très épuré. À travers sa gamme DS, Citroën revendique un caractère sportif.
BMW Série 5, Mercedes E cabrio, sportive Audi S5, VW Sharan et Touareg, Porsche Cayenne, Mazda 5, Opel Meriva, SUV Nissan Juke, Mitsubishi RVR et Kia Sportage, Renault Wind roadster, Megane CC et Volvo S60 sont quelques-unes des autres « premières » du Salon. La question reste de savoir qui les achètera dans un marché européen qui mettra du temps à sortir de la crise. D’où la multiplication des synergies déjà connues ou annoncées à Genève – VW avec Suzuki, Mercedes avec le Chinois BYD – pour accélérer les ventes hors Europe et l’avènement d’une autre voiture plus « propre ».










