Quelle automobile pour le futur ?

Mardi 13 octobre

Un ciel bleu, de l’herbe verte, de l’eau pure ! Grâce à un moteur qui n’émet plus la moindre émission, c’est le bonheur, mais quelle sera l’automobile du futur ?

Le récent Salon de l’Automobile de Francfort a plus particulièrement mis l’accent sur l’automobile du futur et ce sera le cas également du Salon de l’Automobile de Tokyo, qui se tiendra à Chiba du samedi 24 octobre au mercredi 4 novembre, comme cela le fut pour de précédentes manifestations du genre ou le sera pour de suivantes, notamment à Bruxelles au mois de janvier 2010. Pas un constructeur, du plus grand au plus modeste, n’échappe à la règle, car il va de leur avenir, tout simplement. C’est trouver des solutions pour permettre aux automobilistes de profiter encore longtemps de tous les bienfaits que leur apporte leur voiture pour leur travail, pour leurs loisirs, pour leurs déplacements en famille ou pour se rendre à une visite médicale, par exemple, tout en préservant la planète et l’environnement. Ou c’est disparaître !

À très court terme, ce sont les systèmes hybrides, combinant un moteur thermique et un propulseur électrique, qui tiennent la corde. Lexus et Toyota ont démontré depuis une bonne dizaine d’années que cette technologie est encore en cours de développement et que des progrès significatifs sont possibles dans de brefs délais, notamment grâce à la miniaturisation et à l’amélioration constante du rendement des batteries ainsi qu’à la possibilité d’une recharge plus complète via le réseau électrique domestique. Outre le fait qu’ils permettent de rouler en n’émettant aucune pollution pendant un certain temps, donc de réduire un peu la consommation de carburant et, partant, de diminuer les émissions nocives, les systèmes hybrides possèdent aussi l’avantage de conserver une relative indépendance puisqu’ils produisent eux-mêmes une bonne partie de l’électricité nécessaire à leur bon fonctionnement par des solutions de récupération d’énergie.

Mais les voitures hybrides conservent toujours un moteur utilisant de l’essence ou du gasoil, donc des produits pétroliers, et ne règlent donc pas vraiment le problème de la dépendance au pétrole, que ce soit en matière de coût ou en matière de raréfaction, ni le problème des émissions nocives pour l’environnement et pour la santé. Si plusieurs constructeurs, plus particulièrement ceux qui proposent de gros moteurs dans leur gamme pour tenter de répondre aux prochaines normes de réduction de la consommation et de la pollution, sont sur le point de commercialiser des voitures disposant de systèmes hybrides, la plupart des concepts et des prototypes présentés dans les salons dépassent ce stade.

C’est la solution de groupes électriques dans chaque roue, qui est privilégiée dans les développements actuels pour un terme fixé à quelques années seulement, en tout cas pour des voitures qui seront utilisées prioritairement dans des zones urbaines, mais j’avoue que tout cela me laisse toujours fort songeur. Certes, les producteurs de batteries, de plus en plus nombreux, poursuivent sans arrêt leurs recherches pour offrir des batteries de moins en moins encombrantes, de plus en plus légères, plus efficaces, plus fiables. Il faut néanmoins savoir que les batteries du type « lithium ion », qui sont également utilisées dans d’autres applications comme les téléphones portables et qui forment la base de l’alimentation de la plupart des projets électriques, présentent encore des problèmes de fiabilité et de rendement à plus ou moins long terme ainsi que réclament un refroidissement permanent plus important que des batteries classiques.

Sans oublier que le véritable défi auquel l’automobile et l’automobiliste devront faire face dans un laps de temps très court, pour ne pas écrire que c’est déjà d’actualité à de nombreux endroits pendant plusieurs heures de la journée, c’est la mobilité, l’avenir de la voiture électrique dépend aussi, et surtout, de la manière dont l’électricité qu’elle doit se procurer sera produite. S’il faut produire l’électricité utilisée par des véhicules à partir de centrales thermiques ou de centrales nucléaires, on ne fait que déplacer le problème, sans apporter de réelles solutions environnementales à moyen et long terme. Si cette électricité est produite par le véhicule lui-même par des systèmes de récupération d’énergie (ce qui est déjà le cas sur les voitures hybrides et dans d’autres applications) ou par des systèmes « propres » de production d’énergie, cela peut effectivement avoir un avenir.

Je pense plutôt que, dans un futur proche, des solutions « mixtes » (des véhicules à propulsion totalement électrique en zone urbaine, des véhicules à pétrole pour les longs déplacements) seront plus faciles et plus légères à mettre en place, mais plus onéreuses pour les consommateurs. D’autres facteurs devront également être pris en compte : il faudra aussi apprendre à conduire autrement, en acceptant de jouer le jeu des systèmes hybrides et/ou électriques par une conduite plus souple ; et il faudra surtout que tout le système de taxation change dramatiquement en fonction des réelles évolutions techniques et technologiques dans tous les domaines des émissions polluantes. Sans se limiter aux seules émissions de CO2 : il y a beaucoup d’autres composants dans les émissions, qui sont les vrais polluants et qui sont importants à analyser. C’est un autre débat…
 

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