Ce « coupé SUV » Juke est plus que le petit frère du Qashqai
Conforté par un meilleur résultat qu’escompté à la fin de l’année dernière – bénéfice de 1,08 milliard d’euros entre octobre et novembre 2009 – Nissan se prend aujourd’hui à rêver : et si l’étonnant succès du Qashqai pouvait être réédité avec un SUV un peu plus petit ?
Lancé en 2005 avec un objectif de production annuel de 100.000 unités, ce « faux » 4×4 (il est commercialisé très majoritairement en « deux roues motrices ») a été vendu l’an dernier à 200.000 exemplaires grâce à son look de baroudeur et à ses aspects pratiques. De quoi mettre du baume sur une gamme par ailleurs classique et un peu vieillissante (le remplaçant de Micra sera dévoilé début mars à Genève) ou pénalisée par des 4×4 devenus politiquement incorrects : le gros Patrol ne sera pas remplacé et on attend avec impatience en fin d’année un premier moteur diesel sur le Murano.
Laissant libre cours à leur imagination, Nissan Europe (à Sunderland, en Grande-Bretagne) et Japon ont imaginé de concert le « Juke » sur la base de la plate-forme B de Renault/Nissan utilisée aussi par Dacia. Du design, on retient notamment une allure robuste soulignée par les grands passages de roues, des blocs optiques ronds et originaux, une face arrière typée Nissan et des vitres latérales effilées.
En plus d’une position de conduite surélevée et d’un intérieur au look sportif marqué par une console aux allures de réservoir de moto : « Ce n’est pas le petit frère du Qashqai, insiste le designer Shiro Nakamura, le Juke a sa propre personnalité entre robustesse et sportivité. » Sur ce « coupé SUV » destiné à une clientèle jeune et citadine, les concepteurs auraient peut-être pu se lâcher encore un peu plus en osant une démarche complémentaire sous la forme de couleurs multiples comme le proposent les Mini ou DS3 de Citroën. Mais le premier coup d’œil dans un local fermé (une ancienne soufflerie) interpelle, en attendant de découvrir les trois niveaux de finition, les équipements dont un nouveau module de commande sur la console et un programme d’options qui inclura jantes, sorties d’échappement et seuils de porte lumineux.
Mais à qui est destiné le « Juke » ? « Surtout à de nouveaux clients que l’on ira chercher un peu partout », lance le Belge Koen Maes (Nissan Europe). Avec, en priorité sans doute, les amateurs d’une alternative dynamique à la berline compacte de type Golf.
Reste à juger au volant un véhicule proposé en deux roues motrices – pour 85 ou 90 % du marché – ou associé à une transmission intégrale avec différentiel central et répartiteur de couple. Sous le capot, on trouvera au choix deux moteurs à essence (1.6 et 1.6 turbo) ou le diesel bien connu 1.5 dCi. Commercialisation à l’automne (il sera d’abord lancé aux Etats-Unis) à des prix non fixés mais à situer selon les versions entre 18 et 25.000 euros.










