Pourquoi des portes antagonistes sur la nouvelle Meriva?

Au Salon de Genève, Opel dévoilera la version définitive de la nouvelle génération du Meriva.

Sa particularité ? Des portes antagonistes ! Pourquoi ?…

Voilà pratiquement cinquante ans que les voitures dotées de portes antagonistes ont pratiquement toutes quitté la scène automobile. Alors que la concurrence fait confiance le plus souvent à des portes traditionnelles ou, parfois, à des portes arrière coulissantes, pour le nouveau Meriva, Opel remet ce principe à l’ordre du jour sous le nom de « FlexDoors ». Les portes antagonistes ne sont pas une nouveauté : elles se rencontraient couramment sur les carrosses bien avant que n’arrivent les véhicules automobiles. En ces temps-là, quand la mobilité personnelle était le fait d’une petite minorité, monter et sortir de voiture avec grâce et élégance était une nécessité. La solution naturelle était donc d’avoir des portes disposant de larges ouvertures par l’avant.

Quand les moteurs ont remplacé les chevaux, les premières automobiles conservèrent la même conception que leurs aïeules et, donc, la manière dont les portes s’ouvraient. Les dames portant de longues robes, par exemple, pouvaient entrer et sortir sans crainte de se salir en se frottant contre la carrosserie. Et, s’il y avait un chauffeur, il pouvait rapidement descendre et ouvrir la porte arrière tout en se tenant prêt à aider les occupants à sortir. La gestuelle était élégante et se montrait également ergonomique.

Encore aujourd’hui, les prestigieuses limousines de Rolls-Royce disposent de portes antagonistes. Les célèbres taxis londoniens en sont aussi dotés : les chauffeurs de taxi n’ont qu’à se retourner pour ouvrir la porte arrière sans quitter leur siège. Les passagers n’ont qu’un pas à faire dehors pour payer le prix de la course sans devoir d’abord contourner une porte ouverte. Ces modèles, comme le Meriva, ont un pilier central. Sur le marché, il y a d’autres voitures qui sont équipées de portes antagonistes, mais celles-ci sont asymétriques : les portières principales sont plus grandes que celles de l’arrière. Dans ce cas, les portes arrière ne peuvent être ouvertes que lorsque les portes avant sont déjà ouvertes. Le nouvel Opel Meriva remet au goût du jour les portes antagonistes de l’ancien temps. Il va permettre de redécouvrir les avantages perdus de ce concept, en utilisant une ingénierie et une technologie actuelles qui permet de disposer d’une innovation parfaitement adaptée à un usage quotidien.

Les parents ayant de jeunes enfants ont des difficultés à installer et à démonter les multiples nacelles, sièges bébés et rehausseurs. Ils recherchent donc une meilleure accessibilité aux places arrière de la voiture. Quant aux passagers d’un âge plus avancé, ils ont des difficultés à s’installer ou à s’extirper des places arrière. Les ingénieurs et les stylistes d’Opel se sont résolus à trouver une meilleure façon d’accéder aux places arrière sans toucher aux dimensions du Meriva, ni entacher sa ligne. Deux options ont été rapidement rejetées. La première était d’agrandir les portes arrière, ce qui avait pour inconvénient de réduire forcément la taille des portes avant, avec pour conséquence un déséquilibre des proportions du nouveau monospace. La seconde consistait à prévoir des portes coulissantes, mais il aurait fallu alors augmenter la longueur arrière de la voiture pour tenir compte de la course de la porte, avec pour conséquence cette fois une augmentation du poids du véhicule.

Une solution élégante a été trouvée sous la forme de l’Opel FlexDoors, un dispositif unique sur le segment du petit monospace. Le rejet des charnières de porte sur le montant C permet de dégager de l’espace. À la différence d’une porte conventionnelle articulée sur l’avant, elles permettent d’accéder du côté du pilier central, où l’espace est plus grand entre le pavillon et le plancher. Les portes FlexDoors du Meriva optimisent l’ouverture de porte en libérant l’espace perdu qui aurait été normalement occupé par le passage de roue si la porte était articulée par l’avant. Il en résulte une meilleure ergonomie. Pour les parents, cela signifie qu’ils peuvent accéder à la totalité du compartiment arrière et se tenir à la place tenue habituellement par la porte ouverte. Ils peuvent entrer avec des bébés ou des petits enfants et attacher facilement les nacelles, les sièges et les ceintures. Les passagers adultes n’ont qu’à faire un pas vers l’avant pour entrer ou sortir des sièges sans devoir se contorsionner au-dessus du passage de roue. Des poignées très pratiques, situées sur la face interne des piliers centraux, contribuent également à faciliter l’entrée et la sortie des enfants ou des adultes.

À la différence de la plupart des portes articulées sur l’avant, qui se limitent généralement à un angle d’ouverture d’environ 68 degrés, les portes FlexDoors peuvent atteindre en quatre étapes jusqu’à 84 degrés pour libérer un accès maximum. Cette fonction d’ouverture grand angle a été également ménagée pour les portes avant du Meriva. Les avantages moins visibles du FlexDoors sont une entrée/sortie plus facile dans les espaces de parking exigus et un accès plus commode au compartiment arrière pour le conducteur ou le passager avant. Il est plus facile d’ouvrir une porte avec le FlexDoors pour suspendre une veste ou prendre un objet placé sur la banquette arrière que de devoir faire le tour d’une porte articulée par l’avant classique. Le FlexDoors permet d’avoir également un excellent accès pour nettoyer les tapis ou ranger tout ce qui traîne sur les sièges arrière, corvée assez courante après un long voyage.

Opel Meriva

Si la conception des ouvrants est généralement une affaire de routine avec des portes articulées par l’avant, les portes antagonistes ont constitué un véritable défi à relever pour le bureau d’études. Sur une porte articulée par l’avant, les charnières sont fixées sur le montant central. Avec le FlexDoors, au contraire, les charnières ont été déplacées sur le montant C. Mais là était le défi : sur le montant C, le passage de roue arrière prend trop de place pour pouvoir implanter correctement une porte. Sur le Meriva, les charnières devaient être distantes d’au moins 360 mm pour assurer une rigidité de la porte. Pour résoudre ce défi, les ingénieurs ont dû avancer le point d’ancrage du FlexDoors de 70 - 80 mm en avant du passage de roue. Mais la rigidité de la porte va plus loin que le simple déplacement des fixations.

Pour supporter les efforts de la porte sur le montant C, les ingénieurs ont intégré des renforts sur sa face interne, qui se prolongent jusque dans le bas de caisse. L’ouverture et la fermeture de la porte ont été soigneusement étudiées pour que la porte puisse s’ouvrir et se refermer avec un effort minimum. Pour réduire les déplacements latéraux de la porte en cas d’accident, les ingénieurs ont ajouté une plaque métallique en déport sur la partie supérieure du montant central, qui vient se caler entre les rebords des portières. Double intérêt : comme cette plaque a été recouverte d’un habillage noir, elle arrive au même niveau que les encadrements des vitres. Ainsi, la finition est excellente, et ce montage contribue à la bonne aérodynamique de la voiture tout en minimisant les bruits aérodynamiques.

Le nouvel Opel Meriva ne se caractérise pas uniquement par ses portes antagonistes FlexDoors. Ses autres spécificités seront abordées dans notre prochaine édition…

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